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Les vendredis de la passion: Le traité de Rome, plus qu"un bateau

Photo Traité de Rome -Traveltopcountrymag copyright

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J’étais tout à mes rêves et pensées depuis deux heures et je n’en sortais pas, vous savez comme quand on prend une pilule pour s’endormir et qu’on boit un rhum en même temps, que l’on rêve éveiller ; eh bien assommé par le peu de temps que nous avions dormi- trois heures à peine- et dans cet état d’esprit, je me retourne et voit quatre à six paires d’yeux qui me regardent…

-Ce personnage est généralement pourvu d’un organe vocal de fort calibre, une grande gueule et le droit d’en abuser. Cet organe se transforme parfois en doux gazouillis quand il s’agit de décrire en termes dithyrambiques une croisière vers des îles lointaines situées de 10 à 2.000 milles environ du port de départ, la joie de se déplacer en utilisant uniquement la force du vent, les mouillages enchanteurs de la dite île lointaine. Les repas à bord et tutti quanti…. Surtout en présence de personnes qui risquent de se sentir attirées par la mer. Personnes qui, il faut l’avouer sont influencées par les articles écrits par d’autres personnes qui n’ont jamais embarqué à bord d’un voilier excepté pour des « courtes » journées d’initiations.

 

J’avais envie de rire mais de rire, les extraterrestres me regardaient et moi je bougeais pas puisque j’étais bien, « en alpha » comme disent les docs du cerveau, -comme si le temps jouait contre nous et que nous étions en compétition -alors que c’est un convoyage et qu’il se doit arriver à bon port, c’est à dire en Grèce, au Pirée -nous ne faisons que passer-, d’autres nous remplacerons et il vaut mieux, à mon avis faire le moins de dégâts possibles.

 

Quand vous serez en route l’équipier (moi) vous dira, sur le ton de la confidence, que le skipper a l’air de gueuler comme cela mais c’est la crème des hommes… à terre.   Vous aurez le droit à un échange assez vif entre le seul maître à bord et l’équipier. Le dit équipier ne s’en offusque pas plus outre car il vous l’avouera lui-même, quand c’est son tour de devenir skipper, il a la pédagogie légèrement tonitruante. Et toute engueulade est forcément formatrice et pleine d’enseignements utiles pour l’avenir.  Devenez un équipier modèle, soyez humble et soumis et respectez votre skipper. Ainsi vous atteindrez les joies suprêmes de la navigation à voile.

 

 – Dis Amel, ce n’est pas à l’envers la drisse* dans la roulette et même dans l’axe du chaumard** ou elle est prise ? Bof, on verra bien …ben oui, on verra ; ben non, tout est à l’envers. -«  Hé alors, on recommence, c’est tout ! » pas besoin de nous engueuler…

 

-Alan qui demande, « -la navigation, c’est quoi ? »  Parlons-en de navigation : -Une fois le bateau lancé sur la mer ouverte, le skippeur va se faire un plaisir de vous enseigner son art. Tout d’abord le compas (boussole). Il vous explique savamment que le compas vous donne le cap… compas qui diffère du cap vrai. Il y a la déclinaison, la variation et que la route sur le fond n’est pas celle que l’on fait sur l’eau, qu’il faut tenir compte de la dérive due au courant et que la base d’une bonne navigation est une bonne estime.   Il navigue au pif quoi, fallait le dire tout de suite...

 

Cela va être comme ça tout le voyage jusqu’à porto ou Christiane et le capitaine sont partis, faute de ne pouvoir avoir le temps matériel d’aller jusqu’à Lisbonne, mais c’est un autre chapitre.

 

-Bref petit cours de météo dans ce chapitre,

-Je prends les quarts de nuit ! À ma façon de le dire, personne n’a discuté, sans doute content que quelqu’un veuille bien s’investir la nuit. J’adore prendre le « tapsi[1] » la nuit. Le refroidissement de la surface de la mer freine considérablement le rythme des échanges verticaux (thermiques) et si le gradient  est quand même assez important pour maintenir durant la nuit des vents de vitesse moyenne, il arrive que les rafales disparaissent car elles se renforcent en altitude, ce qui peut se voir aux nuages lenticulaires et autres alto stratus qui détermine le temps le lendemain. Surtout par tendance Sud-ouest qui est une masse d’air maritime « chaude » dans nos régions. Il n’empêche, qu’il fait froid et humide jusque dans mes os, même habillé chaudement.

En journée, la masse d'air se déplace à une vitesse inférieure à celle de l'air en altitude, le mélange des masses par brassage ralentit les vents des niveaux supérieurs. Elle est remplacée au sol par l'air plus froid des hautes couches puisque l’air chaud monte et est remplacé par de l’air froid qui lui descend ; ce qui a pour effet de causer des rafales. Et elles se mêlent à celle dû au réchauffement de la journée (thermiques) qui en se déplaçant verticalement deviennent de plus en plus « costaudes »

La nuit, la perte de chaleur par rayonnement donne plus de densité à l'air côtier, chassant à son tour un air marin encore chaud. Ce vent s'appelle " brise de terre " Ces phénomènes très locaux ne se produisent que lorsque les vents dominants sont faibles.  Les brises de terre sont généralement beaucoup moins fortes que les brises de mer, dû au fait que la température des masses d'air varie plus lentement que le jour ; ce qui crée une certaine stabilité. Le vent d'une brise de mer peut atteindre 50 km/h, et ses effets sont parfois ressentis jusqu'à 25 kilomètres à l'intérieur des terres. Ce qui complique la situation si nous sommes près des côtes, qui elles, accumulent plus vite la chaleur que l’eau de mer ce qui donne des « brises de mer » en journée et rendent cet air la nuit.

En mer Egée, la circumnavigation à partir de ces fameuses brises, qui pourraient être jusqu’à trois fois supérieure au vents dominant s’ils sont instables et lent (sans meltême, nom donné à un changement de temps généralement rafaleux et tempêtueux) est plus profitable que de tracer une droite électronique  sur un plot et de suivre cette ligne droite a tout prix sachant qu’en journée le vent changera plus d’une demi-douzaines de fois, a cause des iles que vous traverserez peinard-soi-disant- de directions bien opposées à laquelle personne ne s’attend ; non mais , on est pas aux alizés ici !

 Combinés le tout et vous recevez un de ces torchons dont Armel m’a parlé à Almeria ou il lui a fallu plusieurs heures pour rentrer et dont j’ai vécu à de nombreuses reprises l’expérience, notamment à Samos pendant une régate d’enfer ou les tacks[2] ne se prenaient que « carré [3]» et où il était impossible d’entrer dans le port sans moteur, « interdit en compète » jusqu’à l’arrivée, d’autant plus que t’as l’impression que les bateaux de pêches turcs passant très près te nargues, sans compter le cargo Chinois qui ne te voit pas ou fait semblant et qui vient derrière toi, que tu vois à la dernière minute et casse –toi de là vite fait-, casse  l’allure en virant …ouah, est passé à quelques mètres... d’autant que les incidents à ces moments-là ont tendance à s’ajouter les uns aux autres.

Ils sont dû en partie aussi à la fatigue de l’équipage qui  a tendance à zapper les infos reçues et à ne pas/plus prendre d’initiatives...comme celui du drapeau Turc entremêlé au point d’écoute de foc au moment du virement de bord tribord amure, car ce P...ain de B...el de drapeau baissé est resté emmêlés  sur les bas haubans,  plus moyen de tirer sur l’écoute, je l’ai vu avant d’utiliser le winch pour border à fond et rampé tout du long jusque-là en oubliant mon multi-outil - « nondutjuuux un canif, vite »- Y m’entendent pas, 8bf+, perte de contrôle, voile qui fasèye[4]  foc qui bat –le voilier à plus de 40°, tous au desk bien à l’abri «- UN CANIF B...el » je reçois des coups de foc plein la figure et le corps –coup de boutoir, aie, ça fait mal, une main derrière moi m’agrippe la jambe, je me retourne et le vois, le canif, vite vite...le drapeau, la garcette emmêlée dans l’écoute,  je déchire tout (hé pas l’écoute hein !!!) ok, fait, allez-y, bordez à fond, applaudissements ...des trouillards oui mais moi-même je sais pas comment j’ai fait, l’instinct, comme d’hab.

J+2 Le Lever de notre étoile brillante dans cette  voie lactée, ou je me sens bien petit et plein d’humilité de voir le réveil de  la vie s’écouler tous les jours que l’univers créée pour nous d’une façon semblable et pourtant différente, comme si nos yeux évoluaient avec cet idée contradictoire  qui me dit :-«  tout est semblable, mais tout est différent », cette sensation-vision  de vivre même si j’ai l’impression en regardant autour de moi que c’est dans un autre monde merveilleux, que je me trouves avec dans le lointain des constructions gigantesques depuis une terre n’existant pas, ou étant tellement éloignée que ma raison me porte à croire qu’il est impossible d’avoir vu des « trucs » existant sur cet horizons , « - à croire que t’es dans un monde parallèle »-  et dont des rai de lumières transcendantes  de ces bâtiments extra-terrestres s’élancent depuis la surface de la mer vers le ciel, qu’une voie  intérieure  te crie que c’est un autre monde, qu’il vaut mieux ne rien dire à personne, qu’on te prendrait pour un de ces « illuminé », que ces montagnes ne sont pas là ou à plus de cinquante mille… …Quoi ? Ou suis-je ?  Vers l’Angleterre, les Scillys, je suppose, on faisait route au 270…serait temps de virer vers le sud non ?  Combien d’heures j’ai dormi moi en deux jours ? Je fais des calculs pour ne pas crier « venez voir comme c’est beau aux autres, ne pas les réveiller surtout, c’est mon moment à moi, mon instant d’égoïsme, de solitude, de beauté, de bonheur…m…e, trois heures en deux jours, je comprends que je commence à avoir des visions célestes, encore une journée sans sommeil et ce sont des araignées bleues et des éléphants roses que je verrais. J’avais déjà eu des sensations pareilles en d’autres circonstances, après d’intenses fatigues qui m’empêchaient de dormir. Tout à mes réflexions, voilà le Karavokyris[5] qui montre sa tête…d’à peine réveillé vous savez, avec les yeux tout petit et les valoches dessous.

« - Vas dormir, t’en a assez fait » - «  tu veux un café que je lui dis ? » « -Christine me le fera...sacré Joseph ! »

-J’ai rêvé ou il y a un silence extraordinaire …le moteur est arrêté et nous naviguons à la voile dans la puanteur de mazout qui reste à l’intérieur de la cambuse depuis le début de notre départ, qui nous empêche de respirer à l’intérieur ; ouais, voilà que cela penche bâbord amure, ok reste couché, le relent de p’tit dej. (œufs brouillés, fromage) mélangé à la puanteur de gasoil tord mon estomac –respire lentement Nico cinq fois et puis rapidement inspire cinq fois, cela passe tout de suite, reste couché même si tu ne dors pas, n’ont pas besoin de toi là-haut…rêve mélangé à la réalité, je vois la mer même les yeux fermé, bleue, qui bouge au gré du voilier. Des images défilent que je ne peux interpréter mais que je comprendrais plus tard !

Je me lève malgré tout, une crampe à l’épaule droite m’empêchant de me retourner dans ma couchette, j’ai dû cogner quelque part sur la coursive probablement… il y a Alain qui dors encore, je le bouscule légèrement pour lui demander je me rappelle plus quoi et à demi-réveillé, il me répond « -c’est à nous ? C’est à nous ? » non, non, rendort-toi ; depuis deux jours, il est mal en point, laissons – le se reposer.  Christine est dans la coursive avant, Oli l’islandais dans le cockpit, -combiens nous sommes ? Armel discute avec Joseph, on a changé de cap, c’est sûr, allez salut tout le monde, vais essayer de dormir avant ce soir ou je reprendrais mon quart de nuit.

J+ ? : Cet après-midi, discussion philosophique avec Alain, je sais plus quel jours on est, avant mon quart…-« quoi ?, trois heures chacun ?, -« seulement que je pense, bah, j’ai qu’à pas réveiller les suivants »,- j’adore…en plus je dis  à Oli d’aller se reposer, j’y arriverais, j’ai l’habitude depuis toujours…une autre aube, autres impressions-, Alain sort pour me tenir compagnie, « -on peut réveiller Armel ? « - il est six heures que je dis ». « -déjà ? » ben vous savez quoi, comme c’est déjà plus son quart, il réveille Joseph et va se rendormir, je l’ai appris en ressortant un peu plus tard et voyant le karavokyris* au tapsi[6] je m’exclame »- déjà toi ? »  -« Ben oui, c’est mon tour, Armel est allé se coucher » bien vu Armel !

Encore ces sacrées insomnies ou plutôt ces images bizarroïdes qui défilent, pendant mon demi-sommeil, engoncés dans mes non-pensées que je laisse défiler  m’envoyant des représentations  archétypales du subconscient, j’en suis sûr maintenant, j’en ai toujours eus des tableaux, symboles, à de  pareils moments, mais en général elles prévoyaient une espèce de danger, un secours quelquonque, l’instinct sans doute se mettant à notre service au moment où le mental, le conscient, est trop fatigué pour réagir. En général, les « visions » que j’ai sont très claires. Ici, cela se mêle, s’entremêle s’échelonne avec des acouphènes sons de cloches, paroles étranges comme quand on crie votre nom...Nico, NICOOO !

Chapitre II

Depuis tout jeune garçon, j’ai un « don [7]» que je tenais de ma grand-mère maternelle, famille grecque d’immigrés des côtes byzantines ou ils étaient depuis la créations de comptoir marchand –ca fait loin dans le temps- et chassés par les querelles du début du siècle passé quand les grecs ont voulu voir grand, - profitant de l’acceptation de leurs indépendance par les nations occidentales et de la victoire de la première guerre mondiale des alliés pour aller soi-disant libérer nos frères hellènes -, pénétrant jusqu’en Cappadoce dans le territoire des turcs et que « Kemal Atatürk [8]» n’a pas laissé faire, aidé en cela par des conseillers Allemand qui se sont tellement bien imprégnés des idées des Ottomans faites au peuplades non désirées dans ce pays -que les génocidaires n’ont d’ailleurs  jamais  reconnu-, pour créer leurs génocide bien  à eux quelques dizaines d’année plus tard. Un joint-venture en quelque sorte ! Remarquez que le communisme n’est pas mieux puisqu’en nonante ans d’existence, il y a eu nonante millions de morts, un par an en moyenne !   Passons, même si les américains ont fait mieux avec l’ensemble indiens-bisons- s vietnamiens-irakiens et autres commodités mondiales qui les « arrangent », leur évitant une faillite annoncée…et

Même en Grèce, ces « immigrés » ont été déconsidérés, les parquant comme du bétail, ceux-ci attendant mieux de leurs mère patrie –on se demande pourquoi- vu le bordel qui est resté, lui, dans les us et coutumes hellénique ex-esclave moyen oriental- que voulez-vous avoir après quatre –cent année d’invasion ottomane.


[1]  Grande poéle de cuisine en Grec, comme pour la paella. *drisse, Résultat d’images pour drisse , chaumarda l’avant du voilier, **chaumard, un taquet bloqueur Afficher les détails de l’image associée

[2] Virement de bord dans la plupart des autres langues, se dit en français aussi.

[3] L’impossibilité de prendre un angle plus petit pour rentrer dans le vent en cas de près serré.

[4] Battre dans le vent

[5] On sait maintenant !

[6] Ad lib.

[7] Voir chapitre suivant.

[8] Né à Thessalonique. A imposé l’écriture occidentale en turquie au début du siècle passé

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